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Rapport de l’Institut Montaigne – Big data et objets connectés : faire de la France un champion de la révolution numérique

La révolution du Big data et des objets connectés crée d’immenses perspectives de création de valeur mais suscite également des interrogations nouvelles sur la protection des droits des individus. Pour renforcer la confiance entre les acteurs et soutenir le développement de modèles économiques innovants, les différentes parties prenantes doivent saisir les opportunités offertes et travailler en confiance.

Institut Montaigne logoComment faire de la France un champion de la révolution numérique ? Ce rapport publié au sein de l’Institut Montaigne identifie quatre axes pour coordonner les actions de la puissance publique et des acteurs privés : diffuser l’excellence technologique dans le tissu économique, garantir la confiance entre les acteurs, renforcer la gouvernance du numérique et l’influence de France, et enfin répondre aux nouveaux besoins de compétences.

Lien du rapport: Big data et objets connectés. Faire de la France un champion de la révolution numérique

Infographie Big Data et objets connectés (Rapport Institut Montaigne, 2015)

 

Contributeurs

  • Gilles Babinet, Digital champion, co-président du groupe de travail
  • Robert Vassoyan, Directeur général de Cisco France, co-président du groupe de travail
  • Albert Asséraf, Directeur général Stratégie, études et marketing France, JCDecaux
  • Hervé Collignon, Associé responsable du secteur télécom et technologie, AT Kearney
  • Geoffrey Delcroix, Chargé de projet Innovation et prospective, CNIL
  • Frédéric Geraud de Lescazes, Secrétaire général, Cisco France
  • Stéphane Graham-Lengrand, Chargé de recherche au CNRS et chargé d’enseignement à l’Ecole Polytechnique ;
  • Julien Munch , Haut fonctionnaire, co-rapporteur du groupe de travail
  • Julien Vincent , Manager, AT Kearney, co-rapporteur du groupe de travail

Résumé

Le mouvement qui a débuté dans les années 2000 avec l’essor d’Internet puis du Web 2.0, des réseaux sociaux et des smartphones, s’est poursuivi par le développement des objets connectés et du Big data. La prochaine vague de croissance d’Internet viendra de la convergence des personnes, des processus, des données et des objets : il s’agit de l’« Internet du Tout connecté ».

Souvent perçus comme appartenant au domaine du bien-être et du loisir, les objets connectés recouvrent pourtant une myriade de techniques, d’utilisations et de services possibles. La multiplication des capteurs entraîne la « numérisation du réel » et la quantité exponentielle de données générées alimente le Big data. L’Internet des objets contribuerait ainsi à doubler la taille de l’univers numérique tous les deux ans, lequel pourrait représenter 44 000 milliards de gigaoctets en 2020, soit 10 fois plus qu’en 2013.

Un enjeu économique majeur qui interroge la transformation digitale des entreprises

Une estimation économique inédite réalisée par A.T. Kearney pour l’Institut Montaigne souligne que les objets connectés associés au Big data représentent un potentiel de création de valeur estimé entre 74 milliards d’euros en 2020 (soit 3,6 % du PIB) et 138 milliards d’euros en 2025 (7 % du PIB). À ce potentiel, issu de trois leviers de création de valeur (augmentation de la productivité, gains de pouvoir d’achat et économies de temps monétisées), s’ajoute le développement d’un nouveau marché d’achat d’équipements connectés, estimé à 15 et 23 milliards d’euros respectivement en 2020 et 2025.

Si la révolution numérique est transverse, certains secteurs seront particulièrement impactés, comme le logement (économies d’énergie, développement de la domotique, etc.), la mobilité (systèmes d’aide à la conduite, coordination entre les véhicules, etc.) ou encore la santé (amélioration des politiques de prévention, de la prise en charge des maladies chroniques, etc.).

Un à un, tous les secteurs économiques vont basculer dans l’ère numérique, menaçant les entreprises de disparition si elles n’évoluent pas. Les entreprises sont donc contraintes à repenser leur  positionnement dans ce nouveau paradigme, à développer de nouveaux avantages compétitifs, puis à se transformer pour saisir les opportunités qui s’offrent à elles.

Comment réguler les usages tout en permettant le développement d’une économie de la donnée ?

La multiplication des capteurs dans l’espace public et privé rend possible l’obtention de données qui permettent d’analyser les activités, les comportements et les modes de vie des individus. Or, l’invisibilité des capteurs et l’opacité partielle des traitements opérés sur les données sont très néfastes à la confiance entre les acteurs, véritable socle de l’économie numérique.

Pour y remédier, plusieurs actions peuvent être entreprises : par exemple, les Application Programming Interfaces ou API (en français « interfaces de programmation »), qui font le lien entre un utilisateur et une application et assurent l’interopérabilité de différents programmes et plateformes, peuvent servir d’outil pour suivre l’utilisation des données qui sont produites.

De plus, le développement du Big data et des objets connectés suscite des interrogations fortes liées à la protection de la vie privée. La transparence autour des données représente ainsi un défi pour les pouvoirs publics, chargés de garantir les droits des individus mais aussi de permettre l’émergence d’entreprises innovantes proposant de nouveaux modèles économiques tournés vers la donnée. Pour réconcilier les usages, la compétitivité et la technique, les pouvoirs publics pourraient promouvoir un cadre législatif souple qui participerait au besoin actuel de sécurité et de transparence entre les acteurs.

Quatre axes de propositions pour faire de la France un champion de la révolution numérique

Il est donc indispensable qu’en même temps que se développe l’utilisation du Big data et des objets connectés, une réflexion soit menée sur ses conséquences sociétales et sur la manière dont les individus, l’État et les entreprises acceptent collectivement de faire évoluer nos sociétés. La France dispose pour ce faire de nombreux atouts, dont font partie un réseau de startups créatives et de champions industriels de grande taille, ainsi qu’un savoir-faire reconnu internationalement dans les domaines scientifiques et techniques.

Le Big data et les objets connectés sont au cœur d’une nouvelle ère numérique, dans laquelle les pouvoirs publics, les entreprises et les individus doivent saisir, en confiance, toutes les opportunités économique et sociétales. La France, dans un cadre européen, peut en devenir un acteur de premier plan à condition qu’une action volontariste, équilibrée et coordonnée des acteurs privés et de la puissance publique soit conduite.

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